Aller au contenu

Nos métiers

Vous êtes

Votre projet / Vos besoins

Contact

juillet 17, 2026

Une nouvelle app au service du patrimoine immobilier de chaque commune

En complément de Building360, son application de gestion patrimoniale, LSC360 développe la plateforme BEN, qui sera présentée lors du prochain World Smart City Congress de Barcelone, en novembre prochain. Acronyme de Building Embedded Network, cette solution IoT (Internet of Things) et intelligence artificielle agrège en temps réel les données de consommation énergétique des bâtiments communaux pour détecter les anomalies,
émettre des alertes et formuler des recommandations d’optimisation.

 

Les communes luxembourgeoises, comme toutes les entités publiques, gèrent un patrimoine bâti considérable. À quels problèmes sont-elles confrontées aujourd’hui ?

Sarah Weidert : Les communes luxembourgeoises disposent d’un patrimoine immobilier important, avec de nombreux bâtiments à gérer. Aujourd’hui, l’un des principaux défis est lié à la gestion des informations qui concernent ces bâtiments. Les données existent généralement, mais elles sont souvent réparties entre différents services, intervenants ou supports de stockage. L’idée est donc de centraliser toutes ces informations au même endroit afin de faciliter leur accès. Cela permettrait de retrouver rapidement des documents essentiels comme les plans, les autorisations de bâtir ou encore les certificats énergétiques, tout en offrant une vision globale et plus efficace de l’ensemble du patrimoine communal.

 

 

Dans quel contexte cette plateforme a-t-elle été imaginée ?

Saël Gramdi : Cette plateforme s’inscrit dans le cadre des nouvelles obligations réglementaires. La circulaire 2025-035 relative à la transposition de la directive UE 2023/1791 du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique impose aux entités publiques une réduction de consommation énergétique de 1,9 % par an et la rénovation de 3 % de leur surface de référence énergétique chaque année. Sans outil adapté permettant de centraliser les données et de suivre les indicateurs, ces obligations deviennent ingérables pour des équipes qui jonglent déjà entre de nombreuses missions. Il n’existait pas, jusqu’ici, de solution conçue spécifiquement pour ce contexte luxembourgeois, intégrant à la fois la dimension géographique et les obligations réglementaires locales : autorisations ministérielles (ITM, Administration de l’environnement et Administration de la gestion de l’eau), Pacte Climat, Klimabonus, Lëtz Prepare… C’est précisément ce vide que notre application Building360 vient combler.
En complément de Building360, nous développons la plateforme BEN (Building Embedded Network), en partenariat avec MABU Concepts, finaliste aux World Smart City Awards 2025 à Barcelone, qui apporte l’expertise IoT et intelligence artificielle.

 

 

Quel est le rôle de LSC360 dans le développement de cette solution ?

SG : LSC360 est à l’initiative du projet et en assure le pilotage global. Notre positionnement est unique au Luxembourg, et c’est ce qui donne toute sa force à cette solution : nous sommes à la fois un acteur reconnu en systèmes d’information géographique, présents dans environ deux tiers des communes via SIGcom, et un des leaders en expertise environnementale et énergétique, en tant que l’un des plus grands bureaux d’études luxembourgeois dans ces domaines. Cette double compétence, SIG et énergie-environnement, est au cœur de l’ADN de LSC360 et constitue un avantage précieux qui nous permet de proposer une solution complète.
Concrètement, nous développons une application spécifique intégrée dans SIGcom que nous appelons Building360 App, notre plateforme de gestion patrimoniale communale, qui communique avec BEN, Building Embedded Network.
LSC360 couvre l’intégration SIG, la connaissance du terrain communal et le déploiement ; MABU Concepts apporte la couche sensorielle et prédictive.

Ensemble, Building360 et BEN constituent les deux piliers d’une même vision : faire de chaque bâtiment un jumeau numérique vivant, un bâtiment que l’on peut observer, comprendre et piloter en temps réel. Avant d’étendre cette logique, à terme, à l’ensemble du territoire communal.
Et ce n’est pas un projet de recherche théorique : LSC360 a été retenu comme seul projet dans la catégorie Énergie lors de la première vague de l’appel à projets Smart City du ministère de l’Économie. C’est une validation
concrète, par les pouvoirs publics, de la pertinence de notre approche.
Notre participation au World Smart City Expo 2026 à Barcelone s’inscrit dans le cadre de la représentation luxembourgeoise à cet événement mondial, en coordination avec les autorités luxembourgeoises.

 

 

Qu’est-ce que la Building360 App apporte de nouveau ? Qu’ont les entités publiques à y gagner ?

SW : La différence fondamentale par rapport aux outils existants tient en un mot : l’intégration. Les solutions disponibles sur le marché, qu’il s’agisse d’outils de facility management ou de plateformes énergétiques sectorielles, sont soit trop généralistes pour s’adapter au cadre réglementaire luxembourgeois, soit focalisées sur un seul domaine sans couvrir les autres dimensions de la gestion patrimoniale.
Building360 propose cinq modules métiers dans une interface unique : Énergie, Accessibilité (PMR), Maintenance, Autorisation et Sécurité. Et parce qu’elle est native dans SIGcom, chaque bâtiment est géolocalisé, visualisable sur plan et relié aux données du territoire. Mais nous allons encore plus loin : nos prestations intègrent des scans 3D des bâtiments qui permettent de se déplacer virtuellement à l’intérieur de chaque édifice depuis son poste de travail, comme si l’on y était physiquement. L’ensemble du patrimoine bâti devient accessible, visualisable et pilotable depuis un seul écran.
Et si une entité dispose déjà d’un modèle BIM, nous pouvons l’intégrer directement dans SIGcom, sans perte de données, sans double saisie. Et pour les bâtiments qui n’en ont pas encore, notre scan 3D par nuage de points
permet de mesurer l’intégralité du bâtiment avec une précision centimétrique et de générer un modèle BIM directement depuis ce nuage de points. LSC360 offre donc un continuum complet : de la capture physique du bâtiment jusqu’à son jumeau numérique intelligent et connecté.

 

SG : C’est cette combinaison de GIS, scan 3D, IoT et IA qui constitue le véritable jumeau numérique du bâtiment : Building360 en fournit le squelette géographique et documentaire, le scan 3D en donne le corps physique
navigable, et BEN y insuffle l’intelligence en temps réel. C’est cette couche géographique qui pose les bases du jumeau numérique du bâtiment : chaque équipement, chaque consommation, chaque échéance réglementaire
est rattachée à un objet réel, localisé, vivant. C’est ensuite BEN qui anime ce jumeau numérique en y injectant les données IoT en temps réel et en y appliquant l’intelligence artificielle pour passer de la simple observation à l’action.
Pour une entité publique, cela se traduit concrètement par une transformation profonde de la façon de gérer son patrimoine : on passe d’une gestion réactive – on intervient quand le problème est déjà là – à une gestion
proactive, grâce à la détection automatique des anomalies. Les capteurs IoT surveillent en permanence les consommations, les températures, les équipements, et alertent dès qu’un comportement anormal est détecté,
bien avant qu’il ne se transforme en panne ou en surcoût. C’est l’un des écarts fondamentaux avec les outils de reporting passif disponibles sur le marché, qui ne disposent pas de capacité d’alerte prédictive.
À cela s’ajoute une dimension que nous considérons comme l’une des plus-values les plus concrètes : un conseiller en énergie personnalisé, propulsé par l’IA. En analysant l’ensemble des données d’un bâtiment,
consommations historiques, données capteurs, caractéristiques techniques, occupation, l’intelligence artificielle est capable de formuler des recommandations d’optimisation sur mesure : quels équipements prioriser ?
Quelles plages horaires ajuster ? Quels travaux de rénovation auront le meilleur retour sur investissement ? Ce n’est plus un tableau de bord que l’on consulte ; c’est un assistant qui propose, alerte et guide.
Au niveau du bâtiment, le jumeau numérique est donc déjà une réalité avec une représentation complète, vivante et intelligente de chaque édifice. Mais ce n’est que la première étape d’une ambition bien plus large.

 

 

Comment la Building360 App est-elle amenée à évoluer ?

SW : Nous avons conçu la building360 App avec une architecture modulaire et évolutive, pour ne pas enfermer les utilisateurs dans une solution figée. À court terme, l’effort porte sur la consolidation des cinq modules et leur déploiement auprès de communes pilotes. À moyen terme, deux axes d’innovation majeurs sont en cours de développement : un module d’IA pour la reconnaissance automatique d’équipements dans des scans 3D et un moteur d’analyse documentaire basé sur un LLM (Large Language Model, ou grand modèle de langage) spécialisé dans la réglementation luxembourgeoise, pour automatiser l’extraction d’informations depuis les rapports techniques et permis.

SG : Mais notre vision à long terme est encore plus ambitieuse. Ce que nous voulons construire, c’est une sorte de SimCity réel, pour reprendre la métaphore du jeu vidéo que tout le monde connaît. Imaginez une interface
où l’on peut visualiser l’ensemble d’une commune en temps réel : ses bâtiments, ses consommations, ses flux, ses données environnementales, le tout superposé sur un Geo Digital Twin vivant du territoire. Ce que nous
construisons bâtiment par bâtiment avec Building360 et BEN, nous voulons l’assembler à l’échelle du territoire : un Geo Digital Twin communal vivant, où chaque donnée de chaque édifice s’intègre dans une vision globale de la commune. Et surtout, la possibilité de simuler : si l’on aménage ce quartier, si l’on rénove ces bâtiments, si l’on modifie cette infrastructure, quels seront les impacts sur les habitants, sur la consommation, sur la mobilité ? C’est ça, la promesse du digital twin à l’échelle communale, et c’est vers là que nous marchons.

 

 

 

 

Article paru dans Neomag

Partage