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juillet 8, 2026

Coordonner les techniques et l’humain

Metzeschmelz est un projet urbanistique d’envergure. Les enjeux et contraintes sont nombreux pour ce nouveau quartier, bâti sur un ancien site sidérurgique. La coordination des acteurs présents y est fondamentale. Nous avons rencontré les experts de LSC360 qui assurent cette mission : Samuel Majerus, Jimmy Reinert et Pit Thines. 

 

À quels grands défis d’ingénierie le Grand-Duché fait-il face aujourd’hui? 

Samuel Majerus: Je dirais que le plus difficile est de concilier le besoin toujours croissant d’infrastructures, avec l’impératif d’une consommation minimale des ressources. Nous devons en effet construire beaucoup et très vite, tout en respectant les règlementations qui imposent de « ralentir » du point de vue énergétique.  

Jimmy Reinert: La multiplication des compétences requises sur un projet et donc des acteurs en est un autre. Dans les années 80, il y en avait trois : l’architecte, l’ingénieur statique et le génie technique. Aujourd’hui, ils sont parfois 15: acousticien, expert environnement, expert de l’eau… Cela implique une grande coordination ! 

 

Vous êtes un acteur-clé du projet Metzeschmelz, présentez-nous ce dernier? 

SM : C’est une ancienne friche sidérurgique qu’Agora, société de développement détenue à parts égales par ArcelorMittal et l’État luxembourgeois, a pour mission de transformer en un nouveau quartier mixte et durable. Un site à échelle humaine, conçu autour d’un cœur de quartier sobre en voitures, où le patrimoine existant sera préservé et réutilisé plutôt que démoli. 

Pit Thines : Le site représente environ 63 hectares et accueillera des logements, des commerces, des équipements publics, des sites de loisirs et des espaces verts. L’impact sociétal, environnemental et l’économie circulaire sont centraux dans l’élaboration du quartier.  

JR : Ce qui fait la spécificité du projet, c’est qu’on ne part pas d’une feuille blanche. Le site a une histoire industrielle forte, à l’instar d’un site comme Belval, et représente un ensemble de contraintes logistiques et environnementales qu’il faut assimiler et comprendre avant de le transformer. 

 

Comment LSC360 est-elle intervenue sur ce chantier, avec quelles responsabilités? 

SM : Suite au concours d’urbanisme organisé par Agora, LSC360 a été retenue, aux côtés de COBE et d’Urban Agency. Ce qui a fait la force de notre proposition, c’est justement la compréhension de ce passif qu’évoquait Jimmy. En outre, nous connaissions certains défis rencontrés à Belval et nous avons su faire des propositions qui permettent de les éviter sur ce projet. 

JR : Plus de 20 ans séparent les deux projets. Le monde a changé, tout comme les attentes en matière d’urbanisme et de mobilité. Il était donc essentiel d’intégrer ces nouvelles réalités. 

SM : Nous intervenons sur plusieurs volets avec un rôle transversal : urbanisme, environnement, mobilité, gestion de l’eau et évacuations pluviales, économie circulaire, inventaire des matériaux, déconstruction et enfin, la coordination technique. 

 

« Le site a un passé industriel fort et représente un ensemble de contraintes logistiques et environnementales qu’il faut comprendre avant de le transformer. » Jimmy Reinert, Coordinateur de Service Project Management, LSC360 

 

Quelles étaient les difficultés, comment les avez-vous surmontées? 

JR : Tout l’enjeu est, non pas de démolir mais bien de déconstruire, c’est-à-dire d’identifier ce qui peut être conservé, réutilisé, recyclé ou valorisé, tout en tenant compte des contraintes techniques, environnementales et réglementaires. Nous réalisons donc à cette fin un bilan carbone du chantier en cours.  

PT : Il fallait aussi poser un diagnostic sur la viabilité et la portance des structures existantes. Certaines devaient absolument être préservées et elles se trouvaient parfois juste à côté d’autres qui devaient être déconstruites. Et puis, la difficulté augmente encore lorsque l’on parle de structure en sous-sol. Il faut alors creuser, faire des découvertes contraignantes et trouver des solutions. 

SM : Un des défis, c’est enfin la coordination des métiers sur le long terme. Un projet de cette taille implique beaucoup d’acteurs (privés et publics), beaucoup de disciplines et une vision à long terme. Il faut donc garder une cohérence entre les ambitions urbaines, les contraintes techniques, les procédures, les autorisations et les possibilités réelles du terrain. 

 

« Au-delà des compétences techniques, ce sont les compétences humaines qui sont les plus importantes. Ce sont elles qui rassemblent les gens et maintiennent la cohésion sur le long terme. » Samuel Majerus, Directeur de la Division Environment & Sustainability, LSC360 

 

Quelles sont les compétences-clés à mobiliser pour un chantier de ce type? 

JR : Il ne s’agit pas de s’en tenir à de strictes compétences d’ingénierie. Il faut être capable, non seulement decomprendre son client, comprendre vers où il souhaite aller et lui prodiguer les bons conseils en ce sens.  

PT : Il faut être capable de maintenir intacte une vision globale. C’est pour ça que disposer d’un acteur capable de synthétiser les enjeux et de coordonner les acteurs entre eux est absolument primordial.  

SM : Au-delà des compétences techniques, je dirais que ce sont les compétences humaines qui sont les plus importantes. Ce sont elles qui rassemblent les gens et maintiennent la cohésion sur un projet pendant 5, 10 ou 15 ans.

 

« Notre différence, c’est notre approche technique à 360°, qui nous permet de comprendre les projets dans leur globalité. » Pit Thines, Directeur de la Division Building, LSC360 

 

En quoi LSC360 fait-elle la différence sur le marché luxembourgeois? 

PT : Notre différence, c’est notre approche 360°. Nous avons beaucoup de compétences en interne : environnement, urbanisme, infrastructures, bâtiment, mobilité, géodonnées, énergie, circularité et résilience. Cela nous permet de comprendre les projets dans leur globalité. 

JR : Nous ne regardons pas seulement un aspect technique, mais l’ensemble du système : le site, les usages, les contraintes, les ressources, les autorisations, les coûts et la durabilité. 

SM : Sur un projet comme Metzeschmelz, cette approche est essentielle. Il faut être capable de parler à la fois d’urbanisme, de déconstruction, de matériaux, d’eau, de mobilité, d’environnement et de mise en œuvre. C’est cette capacité à relier les sujets qui fait notre valeur ajoutée. Pour notre client, cela permet d’avoir un interlocuteur unique et de gagner du temps et de l’efficacité. 

 

 

Article publié sur paperjam.lu

Photo : Paperjam

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