Contact
LSC360 structure sa démarche d’innovation autour de collaborations internes et externes pour développer de nouvelles réponses adaptées aux besoins de ses clients, aux enjeux de résilience des bâtiments et quartiers, pour anticiper les crises diverses auxquelles nous pourrions être confrontés dans les années à venir, mais aussi pour se différencier.
Pourquoi l’innovation est-elle devenue une de vos priorités stratégiques ?
Thomas Biendel : L’innovation n’est pas un sujet nouveau pour LSC360. En 50 ans d’existence, nous n’avons cessé d’innover et de développer de nouvelles compé-
tences. Aujourd’hui, cette dynamique s’accélère sous l’effet de facteurs divers tels que le changement climatique, la défense, l’évolution du marché, des mentalités, des besoins et des attentes de nos clients. Ceci nous oblige à évoluer plus rapidement, donc à placer l’innovation comme priorité stratégique.
Marie Pierron : L’innovation renforce notre positionnement dans l’écosystème économique, car elle nous permet d’anticiper des opportunités, de consolider nos processus et d’améliorer nos pratiques. Au-delà de ces bénéfices, elle apporte une valeur ajoutée et du sens à nos projets, en particulier pour nos collaborateurs. C’est en cela qu’elle est devenue un levier stratégique majeur.
Quels sont les grands enjeux qui pourraient transformer vos métiers dans les années à venir ?
TB : Tous nos métiers sont aujourd’hui impactés d’une manière ou d’une autre par deux grandes thématiques : la résilience climatique, mais aussi, plus récemment, la résilience liée aux questions de défense.
MP : Quelle que soit la crise, la résilience repose sur notre capacité à simuler différents scénarios et à anticiper les risques. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle nous permet d’optimiser notre approche et nos méthodes de travail, en plus d’améliorer le quotidien opérationnel de chaque collaborateur. C’est également un enjeu de transformation.
Comment avez-vous structuré votre démarche d’innovation ?
TB : Pour que l’innovation soit connue et portée par l’ensemble des collaborateurs, nous avons créé un comité Innovation & Développement auquel participent toutes les divisions de la société. Nous avons également nommé un ambassadeur de l’innovation dans chaque division. Il occupe un rôle central : assurer les flux de communication et d’information dans les deux sens, depuis les divisions vers le comité et depuis le comité vers les divisions.
MP : À l’extérieur de la société, nous faisons partie d’un écosystème qui regroupe des acteurs publics et privés de l’innovation – centres de recherche, universités, industries, start-ups, communes, etc. – à l’échelle du Luxembourg comme de la Grande Région. Nous sommes notamment membres de l’Open Innovation Club, où nous participons de manière active à de nombreux workshops et sessions. Ces échanges nous permettent de confronter nos idées avec d’autres membres et nourrissent notre propre démarche d’innovation.
Vous réunissez des profils issus de disciplines très différentes. En quoi cette transversalité est-elle source d’innovation ?
TB : Quand des collaborateurs d’horizons professionnels et de métiers différents se penchent sur une même problématique, le croisement d’expertises peut faire émerger de nouvelles approches, de nouvelles méthodes, voire de nouveaux services ou produits. LSC360 regroupe plus de 60 métiers, répartis dans 9 divisions et 35 services, ce qui peut parfois favoriser un fonctionnement en silos. Mais l’innovation, chez nous, se veut justement transversale et fédératrice. Et pour que l’émulsion prenne, il est essentiel de communiquer et de diffuser l’information. C’est un des rôles de notre comité Innovation & Développement : créer des liens aussi bien en interne que vers l’extérieur, à travers notamment la participation à des appels à projets ou à des consortiums.
Parmi les projets qui incarnent cette stratégie, il y a SERENE, qui est consacré à la résilience des villes et quartiers. Que dit-il de votre manière d’anticiper les défis de demain ?
TB : Un audit interne nous a menés à ce constat : une faiblesse a été identifiée au niveau de la résilience des quartiers. Tout le monde partage les mêmes ambitions, mais
elles peinent encore à se traduire dans les projets. Quand nous planifions de nouveaux quartiers, nous avons souvent cette sensation un peu frustrante de ne pas avoir pu aller aussi loin que nous le souhaiterions en matière de résilience.
C’est pour répondre à ce constat que nous avons lancé le projet SERENE, en partenariat avec le LIST et Neobuild. L’objectif est de développer un label évaluant la résilience des quartiers. Quand le monde de la promotion et de la construction au Luxembourg se le sera approprié, les enjeux liés à la résilience dans les projets seront intégrés plus systématiquement. C’est notre objectif. Cette démarche nous permet d’être proactifs et acteurs de la résilience au Luxembourg. C’est une approche innovante pour un bureau d’études que de se positionner comme levier pour orienter la ville et les quartiers de demain.
MP : SERENE illustre également le fait que relier le terrain et le monde de la recherche est toujours un challenge positif où nous apprenons les uns des autres, et également une véritable source de propositions innovantes. Le projet bénéficie d’un financement sur trois ans. Nous en sommes à la moitié et nous commençons déjà à voir des lignes directrices se dessiner. LSC360 est également impliquée dans des projets autour des Smart Cities, notamment pour optimiser la gestion de l’eau, des bâtiments ou encore des infrastructures.
Quelles perspectives ces technologies ouvrent-elles pour les collectivités et les maîtres d’ouvrage ?
TB : Le changement majeur résidera dans la donnée. La Smart City générera une quantité considérable de données à collecter, mesurer, structurer et analyser pour
comprendre les besoins et anticiper les usages. Or, chez LSC360, nous avons une division Geodata, entièrement consacrée à la gestion de données.
MP : L’intérêt qu’ont les villes à devenir intelligentes est justement de renforcer leur résilience : sentir venir les évolutions, les anticiper et agir en amont plutôt que de subir et devoir intervenir dans l’urgence. L’anticipation reste, en principe, un meilleur mode de gestion que la correction qui a souvent des conséquences sur la qualité de vie des citoyens, mais aussi sur les finances. Les villes ont donc tout intérêt à s’engager dans cette démarche pour garantir leur fonctionnement et assurer le bien-être
de leurs habitants à long terme. Nous les accompagnons dans cette transition grâce à des solutions adaptées à leurs enjeux.
Que vous apportent les collaborations internationales dans le cadre de consortiums européens, comme ceux soutenus par le programme Horizon Europe ?
TB : La particularité de ces programmes transnationaux est de rassembler des cultures, des expériences, des méthodes, des expertises différentes. Et cette diversité nous permet de monter en compétences pour mettre ensuite les compétences acquises au service de nos clients en améliorant la qualité de nos prestations ou en délivrant de nouvelles prestations.
De plus, ce type de programme permet de positionner le Luxembourg sur la carte du monde : il est intéressant de voir qu’un projet porté par un petit village local peut
trouver sa place au milieu de projets portés par des capitales européennes.
MP : Ces partenariats ne se présentent pas au quotidien. Aussi, dès qu’un appel à projets correspond à nos domaines d’expertise et qu’il nous donne l’opportunité de rejoindre de nouveaux acteurs de l’écosystème européen de l’innovation, nous cherchons à nous positionner.
La durée de ces programmes (trois à quatre ans) nous permet de nous projeter dans le temps et de renforcer progressivement notre positionnement d’entreprise
innovante à long terme.