Où en est le Grand-Duché sur le terrain de l’ingénierie immobilière ou industrielle notamment ? Diriez-vous que le pays est un laboratoire d’innovation en la matière ?
Carl-Taro Kleefisch: Oui, malgré sa taille modeste, le Luxembourg concentre aujourd’hui l’émergence de projets complexes, à très haute valeur ajoutée. Certains critères, comme la durabilité ou l’efficacité énergétique par exemple, sont poussés à des niveaux bien plus élevés que chez ses voisins. Je tiens à préciser que nous pouvons l’affirmer car nous sommes également présents dans les pays frontaliers.
Thomas Keil: Je partage totalement le point de vue de Carl. J’ajouterais que la proximité entre les différents acteurs, les investisseurs, les développeurs ou bien les bureaux d’étude comme le nôtre, accélère encore ce phénomène. Nous disposons d’une flexibilité et d’une réactivité accrue, due à des procédures moins contraignantes.
Sur ces grands projets, quelles sont les complexités à résoudre ?
TK: Aujourd’hui, on compte un très grand nombre d’intervenants sur ce type de chantiers. La panoplie des experts s’est considérablement étendue. De ce fait, la gestion de projet et la coordination entre ces différents métiers s’en est trouvée logiquement complexifiée. La véritable difficulté se trouve souvent sur ce point, bien plus que dans l’ingénierie en elle-même !
CTK: Il y a 27 ans, au début de ma carrière, même sur les grands projets, on croisait un architecte, un maitre d’ouvrage, un ingénieur statique et un autre en charge des techniques spéciales. Aujourd’hui, ce sont parfois plus de 20 spécialistes qui dialoguent sur un même chantier, au sujet de thématiques auxquelles nous ne pensions pas à l’époque, comme l’acoustique par exemple.
Aujourd’hui, la complexité se trouve dans la multiplication des acteurs et leur coordination, plus que dans l’ingénierie du projet elle-même.
Comment LSC360 répond-elle à ces enjeux ?
CTK: Notre action se porte sur un rayon à 360°, avec une expertise intégrée. En effet, au sein de nos murs cohabitent 60 différents métiers. Un bureau d’études disposant d’une telle diversité d’expertise est rare dans le périmètre de la Grande-Région. Cela nous permet de traiter tous les sujets qui s’invitent sur un projet, comme nous l’évoquions juste avant. Nous ne faisons appel à des intervenants extérieurs, des confrères ou des bureaux partenaires, que pour traiter de rares thématiques très spécifiques. La seule dimension que nous ne prenons pas en charge, c’est l’architecture bien sûr. De ce fait, j’aime dire que nous délivrons un service de B à Z, sauf A comme Architecture
TK: Autre point fort de notre organisation, dès qu’une demande nous est adressée, nous pouvons convoquer une équipe d’experts qui saura rapidement informer le client sur ce qui est faisable ou non, dans quels délais, avec quelles contraintes etc… Cette réponse lui est fournie par un interlocuteur unique, qui sera toujours le même tout au long du projet.
Vos ingénieurs sont donc aussi d’excellents Project Managers ?
TK: Ces compétences ne s’apprennent en effet pas durant leur cursus d’ingénieurs. Nous les formons afin qu’ils acquièrent ces compétences de gestionnaire de projet. Cela fait l’objet de différentes phases d’apprentissage, tout au long de leur carrière chez nous. Ce saut en compétences constitue d’ailleurs une réelle valeur ajoutée pour nos collaborateurs, mais aussi une mission qui nous tient à cœur.
CTK: Un ingénieur talentueux est précieux, mais avoir dans ses rangs un ingénieur talentueux qui sait en outre communiquer, c’est encore mieux ! Ces soft skills ne sont pas l’apanage de tous, certains les déploient plus ou moins naturellement, en plus de leurs compétences techniques.
Nous formons nos ingénieurs à la gestion de projet. C’est une vraie valeur ajoutée pour leur carrière et une mission qui nous tient à cœur.
Concrètement, qu’est-ce que cela change pour le client ?
CTK: Comme vous le disait Thomas, notre client n’a qu’un seul interlocuteur, toujours le même. C’est une grande commodité logistique, puisque ce gestionnaire est le chef d’orchestre du projet, qui pilote les différentes expertises dans la bonne direction. Les échanges sont simplifiés, fluidifiés, que ce soit en interne comme vis-à-vis du client.
TK: D’autre part, puisque nos experts travaillent de concert dès le début du projet, beaucoup d’erreurs possibles sont évitées. Enfin, disposer de toutes les expertises en s’adressant à un seul bureau d’études, permet un gain financier évident.
Qui sont vos justement vos clients aujourd’hui ?
CTK: Nos clients sont répartis de manière égale entre le secteur public et le secteur privé. Le secteur immobilier est bien sûr très représenté dans notre clientèle, tout comme l’industrie qui fait face à de nouveaux enjeux et que nous accompagnons dans sa transformation.
TK: Nous avons actuellement 2.600 projets en cours, allant de l’étude structurelle de toutes sortes de bâtiments, jusqu’à leur infrastructure, en passant par l’aménagement du territoire, ou la transformation énergétique des entreprises.
Article paru sur paperjam.lu
Crédit photo : Photo: julian Pierrot / Paperjam