Aller au contenu

Nos métiers

Vous êtes

Votre projet / Vos besoins

Contact

janvier 9, 2026

Les nouveaux visages de l’urbanisme – Entretien avec Ben Backendorf et Henning Nieboer

Face aux défis climatiques, démographiques et sociaux, les autorités locales doivent se réinventer. La collaboration avec des experts en urbanisme devient donc une véritable nécessité.

Nous rencontrons deux experts de LSC360 : Henning Nieboer, directeur des services de transport et de mobilité, et Ben Backendorf, coordinateur des services d’urbanisme.

  • Pourrions-nous tout d’abord avoir un aperçu des activités de LSC360 et de son récent changement d’image ?

Ben Backendorf : LSC360 est une société de planification et de conseil. Nous sommes actifs dans de nombreux domaines de l’ingénierie, notamment l’urbanisme, l’aménagement du territoire, l’environnement et les infrastructures, pour n’en citer que quelques-uns. Le nom LSC360 est né à la suite d’un changement de nom en novembre 2024, lors duquel sept entreprises qui formaient auparavant le LSC Engineering Group ont fusionné. Parmi celles-ci figuraient notamment Luxplan et Simon-Christiansen & Associés.

Henning Nieboer : Nous employons aujourd’hui 250 experts qui adoptent une approche holistique, ce qui est très pratique pour nos clients. En d’autres termes, nous nous occupons de la planification, de la mise en œuvre et de la construction des projets. Seul le domaine de l’architecture ne relève pas de notre compétence.
Nos clients proviennent à parts égales du secteur public et du secteur privé. Dans ce dernier cas, il s’agit aussi bien de particuliers que d’entreprises et de promoteurs immobiliers. Les promoteurs publics, l’État et les autorités locales constituent quant à eux le secteur public.

 

  • Quels sont vos domaines d’expertise personnels ?

BB : Je travaille moi-même depuis plus de 10 ans dans l’aménagement communal et le développement urbain : PAG, PAP et assistance à la gestion de projets. Dans ce métier, il faut avoir une vue d’ensemble de la situation afin de pouvoir réunir tous les acteurs et leur expertise pour travailler sur le projet concerné.
Nous devons être en mesure de proposer des solutions durables et sur mesure. Comme Henning, je suis conseiller en logement depuis 2021. Ma mission consiste à discuter régulièrement de ce sujet avec les autorités locales.

HN : Nous devons comprendre tous les enjeux et leurs interconnexions. Le thème de la mobilité, par exemple, a un impact sur l’environnement, puis sur l’énergie et enfin sur les infrastructures. Tous les thèmes sont interdépendants et étroitement liés. Nous devons donc en tenir compte dès le départ et rassembler toutes les compétences de manière concertée et ordonnée. Nous sommes en quelque sorte des coordinateurs ou des intermédiaires.

« Tous les thèmes sont étroitement liés. Il s’agit donc de rassembler toutes les compétences de manière coordonnée. »

Henning Nieboer

 

  • Quels sont les défis auxquels sont confrontées les communes que vous soutenez ?

BB : Les préoccupations des autorités locales sont très diverses, car elles sont confrontées à de nombreux défis. L’État promulgue des lois et des règlements que les autorités locales doivent respecter et mettre en œuvre. Prenons par exemple le pacte pour le logement 2021, qui impose la création de logements abordables. Il s’agit d’une grande responsabilité qui implique des tâches spécifiques pour lesquelles les autorités locales ont besoin d’aide. Souvent, elles ne disposent pas des ressources humaines et techniques nécessaires pour mener à bien de tels projets. Les changements réglementaires et techniques constants constituent un autre problème qui entraîne également certaines complexités. Enfin, les changements démographiques, tels que la croissance de la population, le vieillissement ou l’immigration d’une population plus jeune avec de nouvelles idées en matière de modes de vie, créent de nouveaux problèmes, en particulier pour les petites communes.

HN : La mobilité est un autre défi pour les communes. Nous le ressentons tous lorsque nous sommes coincés dans les embouteillages le matin et le soir. Ce problème, comme ceux mentionnés par Ben, ne va pas s’améliorer, bien au contraire. L’exemple le plus évident est le changement climatique. Les communes doivent donc réagir rapidement, de manière appropriée et efficace. Nous sommes là pour les aider.

 

  • Comment les soutenez-vous dans cette démarche ? Quelle méthodologie utilisez-vous ?

HN : Cela dépend bien sûr entièrement du projet. Nous n’avons pas d’approche standard que nous appliquons à tous les projets sur lesquels nous travaillons. Nos solutions sont sur mesure.

Nous commençons par une analyse précise et détaillée des besoins, puis nous constituons une équipe d’experts, issus soit de notre propre organisation, soit de bureaux d’études externes. Les services internes de l’administration locale sont également impliqués afin de garantir une collaboration complète et harmonieuse.
Je tiens à souligner que les citoyens doivent également être impliqués, que leurs opinions doivent être prises en compte et qu’ils doivent être associés à l’élaboration des solutions.

BB : Nous aidons les autorités locales à élaborer une stratégie et une vision communes globales afin de relever ensemble les défis. Comme je l’ai déjà mentionné, nous nous efforçons de rassembler les différentes professions et services et de les inciter à interagir. Au-delà de nos propres domaines d’expertise, nous assumons donc le rôle de chef d’orchestre. L’objectif est clair, la marche à suivre est précisément définie et les étapes sont bien organisées.

« Notre approche holistique garantit un développement durable et résilient et permet l’établissement de nouveaux modes de vie. »

Ben Backendorf

 

  • Pourquoi une approche holistique et la reconnexion des différents niveaux de l’aménagement du territoire sont-elles si fondamentales ?

BB : L’idée centrale est de créer des synergies afin d’accroître l’efficacité et la pertinence. Cela permet d’économiser à la fois du temps et de l’argent. Cette approche garantit également un développement durable et résilient, qui permet d’établir de nouveaux modes de vie à long terme.

HN : Étant donné que toutes les parties prenantes doivent s’adapter et changer un peu, il est important que personne ne soit laissé pour compte ; tout le monde doit être pris en compte. C’est aussi pour cette raison que cette approche holistique est la plus pertinente.

J’aimerais ajouter que la complexité d’une telle approche ne réside pas dans la théorie, mais dans sa mise en œuvre pratique. La question est la suivante : comment pouvons-nous appliquer un domaine de connaissances qui est adapté et structuré de manière à répondre parfaitement à des besoins et des contraintes multiples ?

 

  • Comment réagissent les habitants ?

HN : Les projets sur lesquels nous travaillons concernent leur cadre de vie, leur quartier et leurs équipements. Les riverains n’ont donc aucune difficulté à se sentir impliqués et à s’intégrer dans les différents processus, bien au contraire. Tous les parents veulent que le trajet entre leur domicile et l’école soit sûr pour leurs enfants et pour eux-mêmes !

Ils sont donc conscients que les améliorations routières, les limitations de vitesse et l’utilisation des transports publics sont préférables aux SUV diesel.

BB : Nous veillons également à les accompagner dans ces changements. Les citoyens peuvent parfois se sentir dépassés par le flot de réglementations et les changements qui en découlent dans leur vie quotidienne. En impliquant les citoyens dans l’élaboration d’une stratégie et en développant une vision commune, nous créons non seulement un consensus, mais nous facilitons également l’acceptation de nouvelles mesures visant à renforcer la résilience face aux changements actuels et futurs.
Nous adoptons une approche pédagogique et non restrictive.

 

  • Pouvez-vous nous donner un exemple concret d’un tel projet ?

HN : Certains des lotissements que nous avons conçus et supervisés limitent l’accès aux voitures. Les garages sont situés à l’extérieur de la zone résidentielle. Cela rend l’endroit beaucoup plus calme, moins pollué et permet aux enfants de jouer dans la rue. D’un autre côté, cela représente un grand changement pour les habitants. À cet égard, l’urbanisme reflète toujours la société et son état d’esprit.
BB : Les quartiers à usage mixte connaissent également un grand succès. Les habitants n’ont pas besoin de véhicules motorisés pour se déplacer, car tout est accessible à pied ou à vélo. La distinction entre « vivre » et « travailler » est plus floue, et il y a également de nombreux commerces. Ces quartiers sont animés tous les jours et à toute heure, et pas seulement le week-end ou entre 8 h et 18 h. La vie quotidienne y est donc très agréable, confortable et pratique.

 

  • Comment voyez-vous l’avenir ?

BB : Les défis d’aujourd’hui seront toujours d’actualité demain, et les changements déjà engagés vont continuer à s’accélérer. Notre tâche consistera non seulement à proposer des solutions appropriées avec l’urgence nécessaire, mais aussi à impliquer tous les acteurs concernés afin de faciliter l’adoption de nouvelles habitudes.

HN : Il est important de garder à l’esprit que tout est étroitement lié. Nous ne serons ni pertinents ni durables si nous abordons chaque problème séparément. Le défi consiste donc à proposer des solutions qui puissent aborder tous ces domaines de manière interconnectée. L’IA est bien sûr l’une de ces solutions prometteuses, tant pour la collecte que pour l’analyse des données. C’est à nous de l’utiliser de manière intelligente et responsable.

Article publié dans Lëtzebuerger Gemengen #268 – Photo : Yves Cortum

Partage